
La déliaison du moi dans l’économie contemporaine de la jouissance (par Alexandre Bleus)
Je souhaite aujourd’hui vous faire part d’une réflexion qui m’est venue, non sans malaise, au fil des consultations répétées qui, depuis quelque temps déjà, me présentent des sujets que l’on n’ose plus même nommer ainsi tant leur capacité à se tenir dans un lien, à se soutenir d’un fil narratif propre, semble compromise. Il appert que notre modernité, si fière de ses conquêtes sur l’ordre ancien, porte en son sein un vide nouveau, plus radical peut-être que les anciens manques dont souffraient nos aïeux. L’époque actuelle n’ébranle pas tant les institutions que les formes mêmes de la subjectivité, lesquelles s’effilochent au contact d’une jouissance illimitée mais vide, disponible partout et pourtant sans chair.








