
Habiter le nœud : réflexions sur le synthôme lacanien (par Alexandre Bleus)
Il est des mots que la langue humaine n’accueille qu’en grinçant des dents. Des termes qui, dès leur profération, paraissent comme étrangers à leur propre alphabet, et c’est précisément dans cette étrangeté que réside leur pouvoir. Je veux aujourd’hui m’arrêter sur l’un d’eux, et non des moindres : le synthôme. N’en déplaise à l’oreille grammairienne, ce vocable, volontairement dissident, ne procède pas tant d’un caprice de lettré que d’un geste sérieux, tragique, presque sacré : celui de Lacan, qui le forgea à la fin de son enseignement comme un orfèvre désespéré cisèle une bague qui ne peut s’ajuster à nul doigt.








